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Tatiana de Rosnay – Esprit de famille…

Quatre questions à la romancière et scénariste, Tatiana de Rosnay

La biographe de Daphné du Maurier(1) est l’un des auteurs les plus lus et les plus adaptés au cinéma : « Moka », tiré du livre éponyme(2), est sorti en salle en août dernier après « Boomerang » et « Elle s’appelait Sarah », adapté du best-seller vendu à plus de 9 millions d’exemplaires.

Vous êtes la fille d’un grand scientifique (Joël de Rosnay), la petite-fille d’un peintre (Gaëtan de Rosnay), la nièce d’un célèbre baroudeur (Arnaud de Rosnay) : une telle famille aux origines française, russe et anglaise est-elle une source d’inspiration ?

C’est vrai qu’avec un tel melting-pot en héritage, je me devais d’être forcément inspirée par ma famille. J’ai eu la chance d’être bilingue pratiquement dès la naissance, ce qui m’a permis très tôt de lire en anglais et en français, de découvrir deux mondes littéraires complètement différents, et tout aussi passionnants l’un que l’autre. Dans mon livre À l’encre russe, j’aborde de façon romanesque cette famille aux origines si différentes, un pedigree qui m’a d’ailleurs valu quelques soucis avec un renouvellement de passeport il y a quelques années…

Les secrets de famille et la mémoire des murs sont pour vous deux thèmes de prédilection : existe-t-il des lieux qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

J’ai grandi dans des maisons qui avaient des âmes, et je pense que c’est pour cela que les murs me parlent même si je n’ai pas encore rencontré de fantôme ! Je suis une grande voyageuse, j’adore découvrir de nouveaux pays, de nouvelles villes, mais j’ai besoin de revenir dans quelques lieux de prédilection comme Venise, dont je ne me lasserai jamais, New York, éternellement fascinante, et ma deuxième patrie, Londres, en dépit du Brexit, qui m’a brisé le cœur.

 L’esprit de famille peut-il être mis à l’épreuve par le succès ? Vous avez dit plusieurs fois que « vos proches en ont assez qu’on leur demande s’ils sont de votre famille » !

Je pense qu’au début cela a dû être compliqué pour mes proches, mais le temps passe, et ils ont dû s’y faire ! J’ose espérer qu’ils sont aussi fiers de moi, et que tout cela ne change rien au fait que je sois leur fille, leur mère, leur sœur, leur cousine…

Vous avez de la famille à Saint-Pétersbourg : buvez-vous le thé à la russe ?

Bien sûr, chez ma famille russe que j’adore ! A Paris, je me souviens très bien du samovar de ma grand-mère paternelle, Natacha. Il faisait un bruit terrible et j’en avais un peu peur ! Je précise que je suis une grande amatrice de thé, et en particulier du thé Kusmi ! Mon préféré ? Anastasia et Saint-Pétersbourg, of course !

(1) «Manderley for ever» (Le Livre de Poche).

(2) «Moka» (Héloïse d’Ormesson).

© Denis Felix