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Le Tibet, château d’eau de l’Asie

Le Mékong, le Brahmapoutre, le Yangzi Jiang, l’Indus, le fleuve Jaune…, les plus grands fleuves d’Asie traversent le « toit du monde ». Une richesse qui se double d’un défi, celui de préserver glaciers et rivières alimentant ces fleuves sacrés indispensables à la survie d’une partie de la planète.

C’est le toit du monde. Avec des neiges éternelles, les sommets parmi les plus hauts de la Terre, dont l’Everest et ses gigantesques 8 848 mètres, la plus grande concentration de glaces de la planète après celle des pôles, d’infinies étendues désertiques parcourues par les rapaces et les antilopes. Avec, parfois, perdues dans cette immensité inaltérée, quelques yourtes de nomades. C’est un paysage de tous les extrêmes, riche de trésors naturels – la présence d’une cinquantaine de minéraux précieux. Et surtout d’eau.

Sur un continent au quotidien nourri de spiritualité, où l’on dit que là où une rivière coule, là est la vie, physique et spirituelle, le haut plateau tibétain, recouvert, il y a 100 millions d’années, par l’océan Téthys, représente la source originelle de toute vie. Le point de départ d’une route de l’eau mythique réconciliant le ciel et la Terre. C’est en effet là, à plus de 4 000 mètres d’altitude, entre les contreforts de l’Himalaya au sud, ceux du Karakoram à l’ouest et du Kunlun au nord, que se trouve la source mère de plus d’une dizaine de rivières et de fleuves, dont six parmi les plus grands de l’Asie, garants de la survie de la moitié de la planète.

C’est sur le plus grand plateau du monde que naissent, le plus souvent dans l’antre de glaciers, comme c’est le cas pour le Brahmapoutre, à 5 000 m d’altitude, non loin de Lhassa, la Salouen qui coule en Birmanie, l’Indus qui ondoie au Pakistan, mais aussi le Mékong qui baigne le Vietnam et le Cambodge, ou encore le fleuve Jaune et le Yangzi Jiang jaillissant à plus de 6 000 mètres de terres glaciaires avant de parcourir la Chine.

Immense réservoir naturel d’eau douce, on comprend pourquoi le Tibet, de surcroît terre d’innombrables lacs dont le Namtso, un des grands lieux sacrés du bouddhisme tibétain, est appelé «le château d’eau du continent asiatique». Un château d’eau «menacé par le réchauffement climatique et de complexes enjeux géopolitiques».

«La planète bleue est notre seule maison et le Tibet est le toit de cette maison», indique le dalaï-lama. «Le plateau doit être protégé, pas seulement pour ceux qui y vivent, mais pour la santé et la pérennité du monde entier», commente-t-il.