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Glaciers : ces sentinelles qui sonnent l’alarme !

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La fonte des glaciers n’est pas en soi une catastrophe pour la nature : une diversité de faune et de flore va remplacer les espaces englacés.

Par contre ce changement radical de paysage est un signal d’alarme criant pour nous, les hommes : un profond déséquilibre climatique s’opère sous nos yeux et comme notre civilisation en est grandement responsable, nous nous cachons les uns derrière les autres pour éviter de faire notre part, de changer nos habitudes ancrées.

Alors quand une sirène, comme la fonte des glaciers, sonne ne nous apitoyons plus sur le bruit qu’elle émet mais préoccupons-nous plutôt d’adapter des solutions pour sauver notre avenir !

Rencontre avec Luc MOREAU, glaciologue français dont l’expertise s’étend à sa passion de transmettre les savoirs.

 

 

 Quel est le rôle d’un glaciologue comme vous dans les Alpes ?

On se doit de comprendre ce qui est crucial pour nous, pour la vie, pour que l’eau soit propre et l’air respirable, comprendre les dangers naturels mais aussi ceux que nous avons générés sans nous en rendre compte.

Avec des éléments naturels tels que les glaciers, clefs de voûte du cycle de l’eau car source de rivières, on est obligé d’avoir de longues séries de mesures pour comprendre leur réaction au climat car chaque glacier, chaque massif montagneux, alpin, polaire, tropical, va réagir à sa manière aux variations climatiques !

Aujourd’hui, on commence à accumuler de belles séries de mesures, donc on sait comment ils réagissent, comment ils étaient autrefois et comment ils seront à court terme, grâce à des modélisations !

 

 

Pourquoi vous êtes-vous engagé depuis 9 ans avec la Fondation Eau Neige & Glace ?

C’est juste un minimum vital d’avoir une belle qualité d’eau, de bien la gérer, l’utiliser à bon escient et apprendre à la rejeter propre dans l’environnement (sous forme liquide ou de vapeur). Nous sommes de plus en plus nombreux à l’utiliser dans tous ses états, dans l’industrie, l’économie, tous les produits manufacturés… et dès la source il faut le faire, sachant que dans les Alpes, château d’eau de l’Europe, ce sont des dizaines de millions de personnes ensuite ! Par conséquent, quand j’ai été appelé par l’équipe de la Fondation et Serge Martinot en tête, c’était naturel pour moi d’en être !

 

 

Quelles sont les conséquences prévisibles de la fonte des glaciers alpins sur les activités humaines ?

Les problèmes liés à l’approvisionnement en eau et sa qualité ! Ils sont déjà bien nombreux partout dans le monde suite à l’augmentation de la population mais aussi au changement climatique et à la disparition des petits glaciers dans les Andes, de même que la disparition de la banquise sur l’océan qui pose soucis au groenlandais (mais qui ravit les pêcheurs !)

Il nous faut donc repenser pas mal l’économie, l’élevage, l’agriculture de montagne mais également les activités touristiques…

 

 

On ne semble pas pouvoir arrêter la fonte des glaces alors, que peut-on faire chacun à son niveau ?

Il est important de comprendre la Nature et ses rouages, et limiter au maximum les perturbations à la source, en amont !
Afin de faire croître sa conscience, il est essentiel de garder le contact avec la Nature qui nous fait vivre, de travailler sur le « Local » pour diminuer les transports. Aussi et surtout de pouvoir toujours purifier l’eau et l’air qu’on utilise car on la réutilisera quelques minutes plus tard ailleurs… et ces ressources vitales polluées ne sont pas renouvelables !!

 

 

Pour conclure, que doit-on retenir ?

Que tout est lié sur Terre ! Il est donc important de prendre conscience de nos actes chaque jour… et d’informer nos élus à tous les échelons qui n’écoutent pas assez ni la raison scientifique ni la Nature qui nous fait vivre…

 

Pour en apprendre davantage sur l’engagement de Kusmi avec la Fondation Eau, Neige et Glace, cliquez ici