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Fabrice Midal : foutez-vous la paix  !

Et commencez à vivre ! Se libérer des injonctions de toutes sortes pour retrouver le bonheur de vivre, tel est le message du dernier livre* du philosophe et écrivain Fabrice Midal, fondateur de l’École occidentale de méditation.

Face à la pression que chacun ressent, l’invitation faite par votre livre « Foutez-vous la paix » semble paradoxale ? N’est-ce pas un renoncement à l’action et à l’engagement ?

Il me semble indispensable de distinguer les contraintes qui sont évidemment nécessaires et peuvent nous aider à grandir, des injonctions souvent paradoxales et impossibles à réaliser qui, elles, nous écrasent. Or ces injonctions, nous les intégrons sans même le plus souvent nous en rendre compte. Or c’est elles qui nous empêchent d’agir justement et de nous réaliser. Nous essayons d’être parfait, d’assurer en toute situation, d’être irréprochable, ou encore que tout le monde nous aime et cela loin de nous apaiser nous rend malheureux. Mon livre invite le lecteur à se libérer de cette pression sur le champ et à retrouver par là l’effervescence de vivre…

Le plus souvent, le temps qui passe est vécu avec une certaine angoisse. Existe-t-il une façon de faire de ce dernier un allié ?

Oui, au lieu de le subir, il faut apprendre à l’apprécier. Et pour cela, il est précieux de prendre un moment pour ne rien faire. Pendant quelques secondes, quelques minutes, ne faites rien. Découvrez alors comment vos sens vous permettent, sans le moindre effort, de voir, d’entendre, de sentir… Vous êtes pleinement au monde.

La méditation peut-elle être un moyen de se positionner en dehors de l’espace-temps et de ses contraintes ?

La méditation telle que je l’enseigne et la transmets n’est pas une technique, elle n’est pas un exercice, elle n’a rien de mystérieux : elle est un art de vivre. L’art de se foutre la paix… Au fond, on ne médite que si l’on arrête de chercher à méditer. On s’autorise à être exactement tels que nous sommes. Et c’est cela qui change tout.

Comment faites-vous au quotidien pour vous retrouver et trouver ce rapport plus serein au temps ?

L’important est de revenir à la maison. De revenir à la source de la vie en soi. Il y a plein de manières : marcher, méditer, courir, boire une tasse de thé. Je suis particulièrement heureux d’évoquer ce dernier point, car je me souviens de la première fois que j’ai découvert une boîte de thé Kusmi – Prince Wladimir. J’ai été tellement heureux. On prend une tasse de thé et, d’un seul coup, on entre dans une autre dimension de présence. On entre dans la poésie.

Exergue : « Il est précieux de ne rien faire. »

© Claude Gassian/Flammarion