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C’était comme ça en 1867… La Russie, la France et L’Europe

the way things were in 1867

Cela fait douze ans que le tsar Alexandre II, surnommé « le Libérateur », règne sur la Russie de Tolstoï et Dostoïevski. Un « printemps russe » qui s’achèvera avec son assassinat le 13 mai 1881. En France, Napoléon III régente un pays bousculé entre tradition et avènement des temps modernes, légèreté des dames en crinolines et grondements populaires. Dans trois ans, le 19 juillet 1870, le pays déclarera la guerre à la Prusse, mais en attendant…

En cette année 1867, c’est surtout l’Exposition universelle qui occupe tous les esprits. Celle qui s’ouvre le 1er avril met en effet en scène la première « galerie des machines » dont la réalisation a été confiée au jeune entrepreneur Gustave Eiffel. Organisée à la gloire du second Empire, l’exposition qui va se tenir jusqu’au 3 novembre sur le Champ-de-Mars et l’île de Billancourt se veut un musée de l’histoire du travail et de l’évolution de l’industrie avec une section « sur l’amélioration de la situation morale et matérielle des travailleurs ».

Plus de 10 millions de visiteurs, dont le tsar Alexandre II, Guillaume de Prusse, Louis II de Bavière ou l’émir Abd el-Kader, découvrent le tout nouvel aluminium, l’ascenseur à frein, le scaphandre,
et un ballon à hydrogène dans lequel se risque l’impératrice. Dans l’introduction au guide de l’Exposition, écrit de son exil par Victor Hugo, ce dernier prédit : « Au xxe siècle, il y a aura une nation extraordinaire, illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l’humanité… Cette nation aura pour capitale Paris, mais ne s’appellera pas la France, elle s’appellera l’Europe… »

Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, le maître de la littérature russe, sort en édition après avoir été publié en feuilletons. Tout comme Thérèse Raquin, troisième roman de Zola que l’on peut lire dans la revue L’Artiste. « Comment s’imposer quand on a le malheur d’être né au confluent d’Hugo et de Balzac ? », s’inquiète le jeune homme de 27 ans. Tandis qu’une conscience politique de classe affleure, Karl Marx publie Le Capital : « certainement le plus redoutable missile qui ait été lancé à la tête de la bourgeoisie », commente le théoricien allemand de la révolution.

On se presse au Palais-Royal pour assister à la 100e de l’opéra bouffe à succès La Vie parisienne d’Offenbach, « écrit par de jeunes gens dont l’esprit et la gaieté sont à la mode du dernier jour », note le quotidien Le Figaro – l’hebdomadaire satirique de quatre pages, créé en 1826 par un chansonnier, Maurice Alhoy, et un écrivain et homme politique, Étienne Arago, est devenu quotidien.

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