Voyages

La Calabre, la richesse de l’authenticité

On ne présente plus l’Italie et ses multiples attraits : architecture, culture, gastronomie, arts, paysages enchanteurs… comment résister à tant d’atouts ? Mais si Rome, Florence, Venise, Milan ou encore Naples conservent encore les faveurs de la majorité des touristes, il n’en reste pas moins que le sud de la péninsule offre lui aussi de nombreux centres d’intérêt. Les voyageurs ont déjà commencé à partir à la découverte des Pouilles, situées dans le talon de la Botte, mais nous avons choisi de nous intéresser aujourd’hui à une région encore plus méconnue : la Calabre, à la toute pointe du célèbre stivale*.

La Calabre se caractérise par son authenticité et la variété de ses paysages. L’omniprésence de la mer vient lui offrir de part et d’autre la côte tyrrhénienne et la côte ionienne, toutes deux jalonnées de stations balnéaires aux longues plages de sables blancs et de jolis villages de pêcheurs, entrecoupés de falaises et de caps vertigineux, de criques et de grottes aux mille et un mystères, aux mille et une légendes. Au centre, une végétation luxuriante vient compléter cet ensemble au charme fou, avec deux parcs nationaux offrant aux amoureux de la nature des vallées et de vastes forêts, recelant une incroyable variété d’arbres. D’où une cuisine calabraise résolument entre terre et mer, où règnent le poisson – en particulier l’espadon – et les légumes, dont le fameux peperoncino, petit piment rouge.

Deux précieux agrumes sont notamment cultivés en Calabre : la bergamote et le cédrat. L’huile essentielle de bergamote (vraisemblablement un croisement entre un citron vert et une orange) est utilisée pour aromatiser les thés, ainsi qu’en parfumerie. Le cédrat – qui ressemble à un gros citron bosselé – est surtout apprécié pour son zeste, souvent employé confit en pâtisserie.  Comme pour la bergamote, l’essence de cédrat peut aussi être employée en parfumerie. Les champs de bergamote et de cédrat font de superbes toiles de fond aux paysages de la Calabre. Et en particulier à Reggio di Calabria, la ville qui fait face à la Sicile, à l’autre extrémité du détroit de Messine.

Reggio n’a cessé de connaître destructions et reconstructions au cours de ses trois mille ans d’histoire, affrontant envahisseurs et catastrophes naturelles, mais s’est toujours relevée, dotée d’une volonté et d’un optimisme sans failles. Depuis son lungomare vraiment très lungo**, à la tombée du jour, quelle merveille de s’offrir le spectacle des lumières de la côte sicilienne qui se mettent à scintiller et à danser aux côtés de l’Etna…

Et avec un peu de chance, on peut assister au phénomène féérique et troublant de la Fata Morgana (la Fée Morgane) : celui qui assiste à cette illusion d’optique, qui se produit plus particulièrement l’été, voit les contours des terres situées au-delà du détroit de Messine déformés, agrandis et comme flottant dans les airs. Cela se produit lorsqu’une couche d’air très chaud surmonte les eaux du détroit, elle-même surplombée d’une couche d’air plus froid, avec des propriétés optiques différentes. Le parcours des rayons lumineux se trouve alors altéré par les fluctuations de l’indice de réfraction de l’air, ce qui déforme en continu l’image d’origine, conférant au paysage un aspect surréaliste.