home-fr, Le thé

Qui a dit que les hommes ne buvaient pas de thé ?

hommes

Le tea-time serait-il réservé aux femmes ? Chez Kusmi Tea, nous croyons que le thé n’est pas une affaire d’ hommes ou de femmes mais uniquement de goût, de saveurs. Nous avons donc rencontré Vincent Ferniot, journaliste et excellent cuisinier, il a fondé boco, une enseigne qui propose les recettes simples des plus grands chefs et chef-pâtissiers. Il nous a parlé de thé et surtout de son histoire d’amour avec le Earl Grey…

 

 

Des petits hommes

Je ne suis pas par nature un buveur de thé. Je ne l’ai jamais été et d’ailleurs comment le serais-je moi qui n’aime pas beaucoup l’eau surtout lorsqu’elle est tiède. Enfants nous voyions mes frères et moi notre mère engloutir des litres de thé pendant la journée et de tisane le soir. De là est née l’idée en nous que l’eau chaude aromatisée de mille manières possibles est une boisson de femmes… et nous, nous étions de vrais petits mecs. Cette indisposition à la chaleur liquide se doublait d’une hypersensibilité à l’amertume qui excluait aussi de fait le café de ma consommation. Qu’on se le dise, la tasse m’était un objet inconnu.

 

À table ça ne sera pas la fête

Et puis un événement est venu bouleverser ma vie dénuée d’infusions. Mon premier voyage en Angleterre. Un de ces « voyages linguistiques ». J’avais 12 ans et mon père, grand gastronome m’avait prévenu – À table ça ne sera pas la fête !  et pourtant… Des goûts anglais sont entrés à jamais en moi lors de ce premier voyage : les goûts du « breakfast ». Ceux d’un petit déjeuner salé tellement exotique fait d’œufs au plat, de bacon et saucisses de porc, de pommes de terre sautées, de cheddar avec des toasts coupés en triangle, le tout accompagné pour boisson de… thé.

 

Une fringante cavalière

J’avais décliné avec le plus de politesse possible le « English Breakfast » que buvaient mes hôtes le matin. Alors la maîtresse de maison avait sorti d’une autre boîte en fer blanc sa « réserve personnelle » en disant : – You should try the Earl Grey. C’était la première fois que j’entendais parler de ce Comte Grey, un Lord qui grava son nom dans l’histoire pour cet apport aromatique génial quand son œuvre de 1er ministre de Sa Majesté est tombé dans les oubliettes. Ce n’était pas le goût du thé noir qui m’emporta alors, mais bien la fringante note acidulée dont je n’appris le nom que bien plus tard : la bergamote.

 

Du café à croquer

Depuis, même si mes goûts ont changé, je n’aime toujours pas beaucoup les infusions. J’ai besoin de goût dans l’eau. J’ai appris à aimer les cafés serrés et acidulés, si serrés que j’ai inventé une tablette de café à croquer : le Carré de Café® Et côté thé, même après de nombreux voyages en Orient je reste attaché à mes premiers émois pré-adolescents, à l’Earl Grey. J’en ai goûté beaucoup de ce thé que chaque maison dose et aromatise à sa façon. Et lorsque me fut proposé de découvrir cet Earl Grey intense je m’y plongeais avec plaisir et nostalgie comme à chaque fois.

 

Un petit soleil dans les ténèbres

Bien loin des pâles thés anglais en sachets, ce thé est marqué par la profondeur et le caractère du thé noir qui en fait le cœur. Un thé généreux et parfumé, aux arômes d’automne, d’humus et de sous-bois. La bergamote pure et généreuse, soutenue est mise en lumière par des zestes de citron jaune qui apportent un fruité supplémentaire ; ce rayon de soleil en hiver qu’apportent toujours les agrumes. Ce thé rentre immédiatement dans ma collection de thés Earl Grey et sera le compagnon idéal du tea time d’hiver. Il viendra réchauffer corps, esprit et cœur.